
Je peux pas faire autrement, hein?
Moi je dois vivre, c'est ça?
J'ai tellement de mal à faire semblant, sourire, partager et toutes ces conneries, alors qu'au fond j'étouffe. Mais je fais ça pour eux. J'ai pas envie qu'ils se rendent compte que je suis aussi touchée qu'eux, que j'ai aussi mal qu'eux. Je dois les soutenir, je dois être là.
Je suis fragile, je le sais, je l'ai toujours été, mais là il faut que j'arrête mes conneries, cette fois-ci c'est important.
Je comprend plus se que tout ça signifie. Dans le dictionnaire "Vie: phénomène biologique de la naissance à la mort". C'est rien de plus, rien de moins. Pas la peine de chercher plus loin.
Je suis vide, qu'est-ce que vous voulez que je leur donne. Mais je fais du mieux que je peux. Je veux juste que tout ça s'arrête. Je veux revenir à la vie d'avant, quand il était encore là, quand on était tous là. Quand on était heureux et qu'on ne s'en rendait même pas compte.
Mais j'arrive pas à comprendre, j'arrive pas à prendre conscience de ce qui s'est passé. J'ai pas l'impression que c'est vrai, alors qu'il n'y a jamais rien eu d'aussi réel. Je me voile la face. Je refuse d'y croire.
Je veux juste les voir sourire à nouveau, comme avant.
Essayer d'écrire ce que je ressens, tout ça, toute cette histoire de fou, m'est impossible. J'ai juste envie de chialer.
"C'est très compliqué d'être un survivant vous savez. Bien souvent on est forcé de placer sa foi dans la magie, ou de se mettre à croire à des choses dont on sait qu'elles ne sont pas vrai.C'est comme un instinct. Si vous voulez continuer, si vous voulez survivre alors il faut accepter d'enterrer les morts."

Il y a ces gens tout autour, ils parlent, ils parlent, ils n'arrêtent jamais de parler. J'ai mal à la tête. Je voudrais m'enfuir, mais ils sont là à me regarder, je crois qu'ils attendent quelque chose de moi, mais j'ai rien à leur donner. Je veux juste vivre. Je ne sais même pas s'ils peuvent le comprendre. Ils ne se posent même pas la question de savoir qui ils sont, ils sont persuader de le savoir. Ils parlent, mais n'écoutent rien. J'ai beau hurler, il n'y a personne qui m'entend, personne qui se souci de moi. Je suis impuissante, je déteste ça, il n'y a rien de pire que l'impuissance. Alors je reste là, et je regarde le spectacle. Je regarde la vie qui tourne en rond.
Jeanloup Sieff